Gorge profonde, Kékette et Chatte en feu : jusqu’où ira-t’on au nom de la bière ?
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Gorge profonde, Kékette et Chatte en feu : jusqu’où ira-t’on au nom de la bière ?

Kékette, Gorge profonde, Bien m’Ambrée, Kiclac, Chatte en Feu, Sour Puss… Comment ça, vous ne pensez pas à de la bière ? De nombreux brasseurs sont joueurs et provocateurs, ça on ne va pas vous l’apprendre ! Ils aiment s’associer à des univers variés, surfer sur la bienséance et savent très bien comment attiser votre désir et votre curiosité.

Nous évoquions il y a quelques temps la bière Rock’n’roll, où concerts et bière tiède ne sont plus une fatalité. Le moment est venu de parler d’un autre rapprochement : bière et sexe ! Puisque celle-ci libérerait la parole, décoincerait les introvertis et serait la responsable de nombre de réveils embrumés dans une chambre inconnue… On en vient à se demander comment on a fait pour ne pas aborder le sujet plus tôt.

Commençons par une Kékette

L’humour grivois ne connait pas de frontières et certains brasseurs s’engagent dans la brèche sans détour. Prenons l’exemple de la bière Kékette. La bière est brassée en Belgique, à Binche, ce qui déjà est un bon départ pour une marque basée sur l’humour. Pour nommer chaque recette, les deux créateurs misent sur leur humour, comment dire… franc ?

  • Kékette large, Belgian Pale Ale blonde à 6.2°
  • Kékette Red, (comprendre « raide », pour ceux à qui la subtilité aurait échappé)
  • Kékette Bien M’ambrée, (cela va sans légende) qui titre subtilement les 6.9 ABV

Avec un nom pareil, cette bière a su séduire les foules plus regardantes du nom que du contenu… et de connaître un rapide succès dans les bars et caves de France. Depuis, il semblerait que cette bière pour adulte ait suscité l’inspiration d’autre gammes aux appellations tout aussi olé-olé, parmi lesquelles : la Fessée, la Levrette, la Jacquie et Michel ou encore la Porn Star de chez Hoppy People.

Gorge profonde pour bière perchée

Trêve d’humour gras et de gamme de bières à l’intérêt gustatif aussi douteux que leurs dénomination. Place à la très respectable brasserie BHB (pour Brasserie du Haut-Buëch) située à Lus-La-Croix-Haute. Dans cet environnement montagnard, isolé et naturel au possible, un peu d’humour débauché ne fera de mal à personne !

David, le brasseur de BHB, a un sens de la formulation bien acéré. Outre leurs étiquettes dignes du meilleur trip sous acide d’un soixante-huitard repenti, une de leur recette a fait sensation à sa sortie… La Gorge Profonde, bien évidemment ! Voici le petit poème versifié que ce génie des temps modernes a imaginé pour accompagner sa Gorge Profonde :

Dans ta bouche, au fond, tout au fond,
dans ta gorge, plus profond,
laisse couler lentement le goût amer du houblon.

Heureusement, sa Gorge Profonde n’est pas qu’un pêché de luxure : c’est aussi un pêché de gourmandise ! Une Strong Ale qui titre à 9.5°, disponible uniquement en 50cl, à l’étiquette psychédélique. David conseille notamment de la déguster en écoutant Pornosonic !

De son nez très très houblonné, on distingue des notes maltées. Très amère dès le départ, elle ne fait pas semblant avec sa grosse… concentration de houblon. La claque de l’alcool est sévère, c’est une belle Double IPA aux parfums d’agrumes. À réserver aux âmes peu sensibles, cela va sans dire. Évidemment, on peut regretter que cette si bonne bière doive sa réputation à un nom très graveleux, faisant oublier qu’il s’agit d’une vraie bière artisanale travaillée. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ? Oui, mais un peu de décence ne serait pas de trop parfois.

Vous goûterez bien une Sour Puss…

gorge profonde

Après la Gorge Profonde, passons à la Chatte acide. Sans détours. Même si on peut imaginer que Dave de la brasserie artisanale Ibex n’a pas pensé à autre chose qu’à un petit chaton au caractère bien trempé…

Étiquette au style bien marqué et saveurs de fruits rouges avec une bonne acidité, sa Sour Puss n’est définitivement pas une petite chatte comme les autres.

Au nez, une fraîcheur bien présente, et des notes de fruits rouges, pour un ensemble très délicat. L’attaque, douce mais pas sucrée, affole le palais avec son acidulé. Les accents de fruits rouges se développent en milieu de bouche, et la finale sèche nous séduit avec sa dominante fruitée et épicée. Bref, une réussite folle pour une étiquette aussi déjantée que son créateur !

… Ou êtes-vous plutôt Cagole ?

L’univers pagnolesque et le franc parler marseillais ont fait éclore dans l’imaginaire populaire le fameux personnage de la Cagole. Cette désignation pas des plus reluisantes caractérise les femmes du sud qui savent se faire remarque de leur franc parler et de leurs tenues vestimentaires osées. La Cagole fraîche et affriolante dont il est question ici se déguste face au Vieux-Port, bien à l’abri du cagnard.

Légère aussi bien dans ses moeurs que dans sa teneur en alcool, cette Pils déploie ses atouts au coeur d’un champ de céréales sur notes de pain grillé, de grain et de saveurs boisées. Généreuse et pas rancunière pour un sou, la Cagole ne connait que peu l’amertume. Avec sa bouche vivement pétillante et désaltérante, c’est la meilleure partenaire pour affronter les étés marseillais les plus torrides !


Et vous, vous connaissez d’autres bières aux noms particulièrement évocateurs ? Vous êtes brasseur amateur et jouissez à l’idée de baptiser vos cuvées de noms sulfureux ? Maintenant que les langues sont déliées, dites-nous tout, nous aussi, on est curieux de savoir !

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Julie de Une Petite Mousse