Bière brune : 5 petites mousses pour comprendre et découvrir le genre
Biérologie, Styles de bière

Bière brune : 5 petites mousses pour comprendre et découvrir le genre

Bière brune, blanche, blonde… La couleur n’est pas toujours la meilleure façon de classifier ou départager les styles de bières. Pourtant, c’est une technique que nous utilisons tous une fois assis au comptoir de notre bar préféré ! Aujourd’hui, nous allons donc nous intéresser à la bière brune : embarquons pour un tour d’horizon, dans le désordre, des bières les plus sombres de notre histoire.

La bière brune se distingue tout d’abord par sa robe, sombre, bien évidemment. D’acajou au noir ébène, elle habille ainsi ses saveurs riches, aux arômes surprenants de cacao et de café. C’est le malt qui fait la robe d’une bière.

D’un côté du spectre les bières blondes, au malt à la torréfaction légère. Au centre, les bières ambrées, au malt en partie grillé. À l’autre bout enfin : la bière brune, baronne élégante au pays des brasseurs, dont le malt a subi la plus grande torréfaction. L’amertume d’une bière vient surtout du houblon. Une bière sombre n’est donc pas automatiquement plus amère !

La bière brune, 50 nuances de mousse

Lorsque vous commandez une bière brune, vous avez en tête 4 caractéristiques : une bière à la robe noire ou brun foncé, une mousse crème très épaisse, une rondeur légendaire et des arômes prononcés de café ou de chocolat torréfié. Mais vous pouvez au final vous retrouver face à des bières très différentes !

Une bière brune, cela peut donc prendre plusieurs formes. Car on englobe bien souvent dans les bières brunes les bières noires également ! Ainsi, on y regroupe pêle-mêle Black IPA, Stout, Porter, Dunkel Weizen, American Brown Ale, Scotch Ale… Si l’on devait les répartir, disons que les Brown Ale sont typiquement plutôt Belges, quand les Porter sont apparus plutôt des bières anglaises.

Bière Brune des Fagnes, notre petite préférée

Haaa, la Brune des Fagnes. C’est comme un petit bonbon, brassée par une brasserie disparue suite à la Seconde Guerre Mondiale. Ressuscitée en 1998, cette brasserie belge accueille dorénavant plus 140 000 visiteurs par an qui viennent découvrir ses cuves.

Leur gamme, très classique, rend un bel hommage à l’essence même des bières belges : une Triple, une Brune, une Blonde, une Gold. Une version Noël et un brassin à la Griottes complètent le tableau. Il existe même la Cuvée Constant, pour ceux qui cherchent une bière brune portée sur les houblons et la torréfaction amère. Mais celle qui nous intéresse, la Brun des Fagnes, est plutôt une ode à la rondeur…

D’abord, ses arômes de torréfaction nous envoûtent. Du café, même du tabac, et surtout du malt qui aurait flitré avec du sucre candi. Très ronde, elle flatte notre palais avec des saveurs caramélisées de fruits confits, comme la datte ou la cerise. Sur la langue, c’est un peu crémeux, très doux. Très peu d’amertume à l’horizon sur la finale, une vraie douceur !


Page 24 Brune, classique indémodable

Dans les Hauts de France, deux frères et un ami ont fondé une brasserie locale à succès : la Brasserie Saint-Germain. Vincent Bogaert, Stéphane Bogaert et Hervé Descamps ont à cœur de mettre en valeur le patrimoine brassicole de la région. Avec des malts locaux et des houblons des Flandres, leur brasserie produit une bière de qualité et de terroir. La gamme phare a la particularité de passer 24 jours en cuve de garde, pour une fermentation secondaire patiente.

C’est long, 24 jours. Mais ce temps permet d’affiner les arômes du breuvage, et c’est ce qui fait la force des bières Page 24. Pour les curieux, la « page » éponyme est une mystérieuse page manquante du livre de la religieuse Sainte Hildegarde de Bingen. Mais lisez plutôt ce que dit notre biérologue de la Page 24 Brune…

Au nez, une charmante mousse beige nous fait profiter de ses arômes de café et de chocolat. En bouche, on retrouve ce goût de café et ce cacao, en compagnie d’un goût prononcé de caramel, de notes de fruits secs et d’une douce amertume. La finale est bien maltée, quoi que légèrement amère, pour une belle longueur en bouche.


Rochefort 8, pour goûter une bière brune Trappiste

En 1595, dans la région de Namur en Belgique, près de la ville de Rochefort, les moines de l’Abbaye Notre-Dame-de-Saint-Rémy brassaient déjà leur bière. Et ils continuent en 2016 ! Leur bière, la Rochefort, est une des 6 bières Trappistes belges. Des bières monastiques de production artisanale, donc brassées en faible quantité, mais réputées les meilleures du monde. La Rochefort 8 présente une robe brune acajou, et comme la Chimay Bleue, c’est une ancienne bière de Noël. Depuis, son succès a poussé les brasseurs à la produire toute l’année. Et tant mieux !

C’est une bière magistrale. Elle titre à 9,2° et appâte par ses arômes de chocolat et de fruits rouges et noirs. En bouche, elle se révèle onctueuse et complexe, puissante mais douce ; la saveur du chocolat danse avec le caramel, les notes fruitées et les pointes de réglisse. Elle persiste en bouche, équilibrée, et s’avère à la hauteur du prestige des bières trappistes.


St Feuillien Brune, la reine mère

La recette de cette bière a été modifiée de nombreuses fois depuis sa dernière médaille en 1998 pour être à nouveau récompensée en 2012. Une brune dont le succès se fait principalement aux Etats-Unis tandis que les Belges lui préfèrent la blonde.

Une attaque caramel, épicée et légèrement houblonnée au nez. La levure typiquement belge est, bien entendu, de la partie. La bouche est assez ronde avec des arômes maltés et une amertume moyenne. Une belle longueur de bouche avec une finale assez sèche. Une bière bien équilibrée et relativement douce.


Brown IPA · Effet Papillon, une bière brune qui change

Car NON, toutes les bières brunes ne sont pas sucrées et caramélisées ! Au contraire, l’ont peut accentuer l’amertume de la torréfaction avec celle du houblon. Le meilleur exemple est de déguster une Brown IPA, qui marie bière brune et India Pale Ale. Il vaut mieux ne pas avoir peur de l’amertume ici !

La brasserie artisanale Effet Papillon nous en donne un parfait exemple. C’est en duo que Jocelyn et Mathilde ont monté l’Effet Papillon dans le Bordelais il y a maintenant 5 ans. Pari réussi pour ces jeunes ambitieux qui classent leur brasserie dans le TOP 50 des brasseries françaises sur Untappd !

Un nez savamment torréfié, entre châtaignes rôties et Arabica. Son attaque propose une effervescence généreuse, assez surprenante. Ses arômes sont grillés, chocolatés, et enrobés d’une amertume houblonnée et résineuse. La finale a un petit je-ne-sais-quoi épicée, bien amère comme on l’attend d’une IPA. Bière brune de connaisseur !

Suivez-nous :

Julie de Une Petite Mousse