Pourquoi on ne devrait pas parler de « bières blanches »
Biérologie, Styles de bière

Pourquoi on ne devrait pas parler de « bières blanches »

À la table d’un café en plein été, c’est monnaie courante, et le serveur saura tout de suite quoi vous servir. Aux oreilles d’un amateur de bière confirmée, c’est en revanche une hérésie… Et oui, les bières blanches forment tout sauf une famille homogène, et nous avons tort de les lier par leur couleur (qui plus est, tire plutôt vers le jaune paille). Aujourd’hui on parle donc de la bière blanche, et de tout ce que ce terme peut rassembler.

Quel est le dénominateur commun de toutes les bières blanches ?

Quand on parle de bière blanche, on visualise tout de suite une grande pinte d’une bière à la robe jaune paille, un peu trouble, avec de fines bulles, et bien souvent une rondelle de citron jaune qui la surplombe. Légère, rafraîchissante, citronnée et acidulée sont les adjectifs qu’on lui accole le plus souvent.

Et pourtant, ce n’est pas leur robe avec un EBC très faible qui est le véritable point de ralliement des bières blanches. Non, c’est la céréale utilisée pour la brasser ! Car ici, point de malt d’orge (du moins, pas beaucoup).

Une bière dite blanche est une bière brassée avec du blé, voilà tout ! Ainsi donc, une bière blanche peut en réalité être très foncée, pour peu qu’elle ait été élaborée avec du malt de blé noir. Ça vous retourne le cerveau non ?

Si bon nombre de zythologues se rebiffent contre le terme générique de bière blanche, c’est parce que cette dénomination regroupe en réalité plusieurs types de bière. 3 principaux, pour être précis. De la même manière qu‘une bière noire peut faire référence à un Stout, une Porter ou une Black IPA, parler de la couleur de la robe de votre bière n’est donc pas la façon la plus pertinente de définir le style de petite mousse que vous apprécier. Nous allons donc nous pencher sur les bières au malt de froment les plus connues, et pourquoi une erreur de traduction est à l’origine de la confusion…

Bière blanche, qui de la Belgique ou de l’Allemagne était là en premier…

Quand vous commandez une bière blanche, il y beaucoup de chance pour que l’on vous serve une Witbier ou une Hefeweizen. Ce sont les 2 grandes types de blanches que l’on brasse et que l’on boit, et ils nous viennent respectivement de Belgique et d’Allemagne.

La confusion entre les styles, et l’apparition du terme « blanche » pour les nommer toutes, viendraient d’une mauvaise traduction de l’allemande. En effet, Weizenbier signifie « bière de blé », mais sonne assez proche de « Weissbier » qui là veut bien dire « bière blanche ». Une sonorité proche, qui a achever de mêler pour toujours couleur et céréale dans l’imaginaire collectif.

1. Weizenbier, la bière blanche allemande

bières blanches

Les Weizen teutonnes sont donc des bières de fermentation haute, brassées à partir de froment (du blé tendre). Elles tournent généralement autour de 5% ABV, avec une amertume faiblement marquée. On sent surtout les flaveurs craquantes de la céréales lors de la dégustation, mais aussi le parfum dominant de la banane et du clou de girofle, dont les esther sont très présents ans les bières levurées comme celles-ci.

Comme nous le disions, une Weizen n’est pas forcément blanche, loin de là ! On retrouve la Hefeweizen particulièrement célèbre, à la robe blond claire mais trouble. Mais également la Kristallweizen, bien plus limpide et jaune que sa consoeur. Et enfin, la Dunkelweizen, surprenante par sa robe très brune. Une bière blanche sombre donc, mais au goût levuré caractéristique du blé.

Elles nous viennent toutes de Bavière, royaume des bières de froment, qui a également vu naître leur petite cousine, la Berliner Weisse, à la robe tout aussi clair mais au profil bien plus acide.

2. Witbier, la bière blanche belge

Notre chère witbier nous vient elle du plat-pays, l’autre – si ce n’est le premier – grand pays de la bière. Ici, point de sous-catégories : une witbier concentre un seul et unique style de bière. Contrairement aux bières de blé allemandes (qui sont régies par la loi de la pureté), elles profitent d’un ajout d’aromates bien particulier qui leur confèrent une saveur caractéristique.

Écorces d’orange et graines de coriandre sont les pivot des bières de blé belges. Leur autre particularité, c’est d’être brassées avec du blé cru, donc non malté. On se retrouve alors face une bière où le côté acidulé l’emporte sur la levure ; avec de forts parfums d’agrumes, orange et citron en tête. Selon la recette, on percevra plus ou moins le côté épicé de la coriandre.

3. Les bières de blé américaines

Outre ces 2 styles historiques, il est important également de mentionner les Wheat Beer, venues des USA. Ces american wheat ale, contrairement aux autres bières au blé, présentent un profil organoleptique assez peu porté sur la levure.

Comme toutes les bières des USA qui font partie du renouveau du mouvement craft beer, elles sont brassées avec force de houblons américains bien aromatiques. Fruits blancs ou jaunes à noyaux, fruits tropicaux juteux, on peut en trouver avec de très nombreuses saveurs gourmandes.

Quelle bière blanche de blé pour commencer ?

Vous avez soudainement très soif ? Vous voulez vous initier aux bières de froment ? Vous voulez convaincre un ami que les bières blanches ne sont pas jute bonne à recevoir un trait de jus de citron au bord d’une piscine ? Voici nos conseils en matière de bonnes bières blanches artisanales :

bières blanches

Pour découvrir le style Weizen –> la Gallia Hefeweizen, parfaite représentante du style sur le territoire français : céréalière, levurée mais aussi bien herbacée, elle offre également une finale subtilement houblonnée pour un panorama gustatif vraiment complet. La Born To Be Wheat par La P’tite Maiz est aussi remarquable, avec un profil plus portée sur le clou de girofle et les fruits jaunes acidulés, dans un ensemble très frais et fruité.

Pour découvrir le style Witbier —> La Blue Moon d’abord, réputée dans le monde entier bien qu’américaine : très levurée, avec une belle dominante d’agrumes acides. Pour explorer le côté épicée de la force, optez pour la Hitachino White Ale qui accompagne sa coriandre de notes de cannelle et de noix de muscade.

Pour découvrir le style American Wheat –> La Hopper, de l’excellente brasserie Hoppy Road, est une parfaite réussite et vous rendra accro à ce style. Plus originale, vous pouvez goûter la Blossom de To Øl qui est en plus brassée avec des fleurs et a un parfum divin.

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Julie de Une Petite Mousse