Bière trappiste : toutes les questions que l’on se pose…
Biérologie, Styles de bière

Bière trappiste : toutes les questions que l’on se pose…

La bière trappiste n’est pas, comme on pourrait le penser une bière faite par les trappeurs, ces grands chasseurs nord-américains… mais plutôt un type de bière fabriqué par les moines trappistes ! Ces religieux appartenant à une division monacale issue de l’ordre cistercien brassent ces bières rares et uniques au monde en observant un cahier des charges très strict. Aujourd’hui, nous perçons ensemble les mystères de ces bières profondément pieuses et divinement savoureuses.

Bière… trappiste, vous avez dit ?

Les moines Trappistes appartiennent à l’école des Cisterciens. Cela ne vous en dit pas davantage ? Pour résumer, c’est une école bien sérieuse, dont le travail est la valeur première. Le nom de trappiste vient initialement de l’abbaye de La Trappe, en France, où un détachement de Cisterciens avait établi son domicile.

Au Moyen-Âge (époque loin d’être l’une des plus resplendissantes de notre histoire en matière de santé publique…) l’eau n’était pas toujours propre à la consommation. Si bien, que les boissons fermentées, de type vin ou bière, étaient bien moins risquées à la consommation !

Le monastère : un laboratoire de la bière

Conscient du problème, l’empereur Charlemagne accorde au 8ème siècle le privilège du brassage aux moines dont la bière était d’ailleurs la boisson de l’hospitalité. Une occasion aussi de produire la bière dans des conditions de salubrité un tantinet supérieur à celles de l’artisan du coin. Les siècles qui suivront seront l’occasion de multiples expérimentions brassicoles dans la fraicheur secrète des monastères.

Fermentations, recettes de gruit, conservation : les moines vont largement élargir le champs de connaissances de celle que l’on nomme encore « cervoise ». Le 11ème siècle connaît le point d’orgue de toutes ces recherches autour de la boisson maltée lorsque la religieuse bénédictine Hildegarde de Bingen découvre les propriétés aseptisantes et conservatrices du houblon…

Quelle est la différence entre une bière trappiste et une bière d’Abbaye ?

biere trappiste
« Bière d’abbaye » signifie simplement que la bière fut jadis, brassée au sein d’une abbaye…

Une bière d’abbaye est nommée ainsi lorsqu’elle a été jadis brassée par des moines, au sein même d’un monastère. Jadis, implique donc que, par la suite, la licence de fabrication a pu être cédée à un brasseur, ou que la bière fabriquée revendique un attachement à un ancienne abbaye.

En résumé, elle n’est généralement plus produite au sein d’une abbaye et il n’y a plus aucun moine de sollicité pour son brassage ! C’est une appellation qui s’attache à la tradition liée à l’origine de la fabrication de la bière. Un argument marketing, presque !

Les bières dites Trappistes, elles, observent des règles bien plus strictes que pour les bières d’Abbaye. Ces règles sont officiellement définies par l’Association Internationale Trappiste qui délivre la certification de « Authentic Trappist Product ». Pour atteindre ce statut prestigieux, ces bières doivent :

1. Être fabriquées dans l’enceinte de l’abbaye

2. Être brassées par des moines ou sous le contrôle des moines trappistes

3. Servir à financer l’abbaye : le fruit de leur vente doit être reversé à des œuvres caritatives

LES RÈGLES D’OR DE TOUTE BONNE BIÈRE TRAPPISTE

Combien de bières trappistes existent aujourd’hui ?

Aujourd’hui, on compte 14 brasseries trappistes officiellement reconnues dans le monde par l’ATP. La bière trappiste belge est bien évidemment le style qui regroupe le plus de bières. Le plat pays en compte rien de moins que 6 : la Westmalle, la Westvleteren, la Chimay, l’Orval, la Rochefort et enfin l’Achel (brassée à l’abbaye Notre Dame de Saint Benoît). Voilà pourquoi nombreux sont ceux qui pensent qu’une bière trappiste se doit d’être belge !

Le continent européen n’est pas en reste. Du côté des Pays-Bas, on en compte 2 : la Trappe et la Zundert. L’Autriche possède la Engelszell, l’Angleterre la Tynt Meadow etl’Italie a rejoint ce club très privé en 2018 ! Avec la Tre Fontane, nos voisins transalpins ont maintenant eux aussi leur propre bière trappiste. Les Etats-Unis, seul pays non-européen pouvant se targuer de faire partie du gang, brasse la Spencer Trappist Ale.

Comment ça ? La France n’a pas sa bière trappiste ?!

En fait, oui et non ! La France, pourtant berceau de l’ordre trappiste, est dans une situation délicate, tout comme sa consoeur l’Espagne. En effet, la Monts des Cats (la française) et la Cardeña (l’espagnole) ne sont pas officiellement reconnues par le grand public et les beer-geek comme bières Trappistes… Et pourtant, la très sérieuse ATP les mentionne ! Affaire à suivre donc : en attendant, le chiffre officiel est donc bien de 14 références de bières trappistes, et non de 12.

Quels sont les points communs des bières trappistes ?

Entre une Westmalle Triple au goût rond qui titre à 9,5° et un Orval à l’amertume très prononcée mais bien moins forte (6,2°), on peut en déduire que toutes les trappistes ne se ressemblent pas, et c’est bien là tout leur intérêt ! Chaque bière trappiste est le fruit d’un terroir, d’une histoire et d’un savoir-faire unique. Leur titre commun est donc uniquement tout ce qu’elles partagent au fond, ce background monastique historique et actuel, en somme.


Mais cela fait d’autant plus de découvertes pour vos papilles ! Si vous êtes tentés par l’expérience, vous souhaitez vivre en saveurs toute l’histoire de la tradition des bières des moines trappistes, rendez-vous chez Une Petite Mousse !


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Barbara Martin