Leffe, 750 ans de bulles grand public, et toujours pas une ride ?
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Leffe, 750 ans de bulles grand public, et toujours pas une ride ?

Que celui qui n’a jamais ouvert une Leffe au miel à la fin d’un déménagement nous jette la première biè.. pierre. Cette bière ultra mainstream fait partie de notre culture, et c’est souvent celle que nos amis nous tendent fièrement en disant « tu as vu, je n’ai pris de Kro ! ».

C’est un peu la bière industrielle qui montre que l’on a fait un effort et que non, nous, on ne boit pas d’Heineken. Intemporelle, elle semble ne jamais se démoder tout en étant plus de sept fois centenaire !

D’une vie monastique à une sur-abondance médiatique

L’histoire de Leffe puise ses racines à Dinant, dans la Meuse, où les chanoines de l’ordre de Prémontré s’installèrent en 1152 à L’Abbaye Notre-Dame de Leffe. Ces religieux achetèrent au clerc Gossuin divers biens… dont une brasserie, en 1240. C’est à ce moment qu’on vit les premières bulles de la bière d’Abbaye Leffe.

leffe

Cependant il serait vain de penser que la bière était brassée pour le bon plaisir des paroissiens ou à des finalités commerciales. Dans l’impossibilité de vérifier si l’eau de source était saine, les moines trouvaient dans la fabrication de bière un moyen précieux d’échapper aux épidémies (grâce au processus assainissant de la fermentation). Au revoir, typhus ou peste !

Toute une organisation s’est très vite établie autour de la fabrication du breuvage malté. On transporta ainsi le moulin à colombages et sa brasserie dans l’enceinte-même de l’abbaye.

La petite production de bière traverse ainsi les siècles sans remous, avec quelques expansions et une poignée d’améliorations techniques à mesure que le temps passe.

Et puis soudain, patatras ! Les 640 ans d’histoire de la Leffe s’envolent, comme beaucoup d’autres, à cause de la Révolution. L’arrivée des troupes républicaines françaises entraînent en effet la vente de l’abbaye et de la houblonnière. 

La (re)naissance d’une légende 

L’abbaye renaît en 1929 et reconstruit son église abbatiale dans l’ancienne grange. En 1952 on assiste à un nouveau miracle, puisque le Père-Abbé Nys et le brasseur Albert Lootvoet décident de renouer avec la tradition brassicole de Leffe.

Lootvoet obtient les droits de licence pour produire la bière, jusqu’à ce que Stellas Artois rachète la brasserie en 1955. 20 ans plus tard la production est transférée à la brasserie Saint-Guilbert avant un dernier déménagement en 1996 à Louvain. La bière dite d’Abbaye n’a donc plus grand chose à voir avec Dieu ou ses moines…

Pour autant, la brasserie est encore aujourd’hui en relation étroite avec les pères, toujours présents à l’Abbaye de Leffe.

Dans la famille Leffe je voudrais…

Depuis son entrée dans la modernité au XXème siècle, l’écurie Leffe voit sa gamme s’agrandir à vitesse grand V. On compte aujourd’hui 22 bières, dont les recettes ont été fixées entre 1952 et 2019 pour la plus récente.

  • Leffe Brune à 6,5 %
  • Leffe Triple à 8,5%
  • Leffe Vieille Cuvée à 8,2%
  • Leffe Blonde à 6,6%
  • Leffe Radieuse à 8,2%
  • Leffe Rituel à 9%
  • Leffe de Noël à 6,6%
  • Leffe Ruby à 5%
  • Leffe Printemps à 6,6%
  • Leffe Nectar, au miel, à 5,5%
  • Les 7 Leffe Royale dont on vous parle un peu plus bas,
  • Leffe des Vignes, au jus de raisin blanc, à 5%
  • Leffe Caractère, produite en quantité limitée en 2017, à 9%
  • Leffe Ambrée à 6,6%
  • Leffe d’Été à 5,2%
  • Leffe Blonde 0.0 à 0% (version sans-alcool de la recette éponyme)

Leffe Royale : quand Leffe veut profiter du succés craft

En 2012, Charles Nouwen, le maître-brasseur, inaugure la gamme Leffe Royale. Des recettes qui font sensément appel à 3 houblons différentes chacune, pour proposer des « arômes subtils » et surtout surfer sur la vague des IPA et autres houblonnage à cru que la tendance bière artisanale à apporter en France.

On y retrouve la Whitbread Golding, la Mapuche, la Cascade IPA, la Mount Hood, la Crystal et la Ella. On est bien loin des bières artisanales savamment houblonnées de la scène craft, mais on sent un réel effort de la part de l’empire Leffe pour venir grignoter des parts de marchés aux petits brasseurs indépendants qui gagnent du terrain d’année en année.

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